jeudi 10 août 2006

Billet dédié à Cinnamon, qui a rappelé à ma mémoire, hier, ce personnage qui apparut pour la première fois dans Sweeney Todd, le barbier démoniaque de Fleet Street.

Il appartient depuis plus de deux siècles à une légende urbaine, chère au cœur des londoniens. Pourtant, rien ne prouve qu’il ait jamais existé. Je suis même persuadée du contraire.

Je me réfère, entre autres sources souvent contradictoires, à ma précieuse (mais parfois fautive) Encyclopaedia of Fantastic Victoriana pour vous livrer quelques bribes de son histoire.

Le personnage est issu d’une série de penny dreadfuls

(dont mon bien-aimé Barrie était friand dans sa jeunesse) et il est assez difficile d’attribuer une paternité à cette créature. Il aurait été créé, selon l’auteur de cette encyclopédie, par James Malcom Rymer et Alfred S. Burrage. Rymer créa d’autres vilains : Claude Duval, Edith Tarleton et Varney le Vampire – et, possiblement, Blueskin. Burrage, de son côté, était l’un des créateurs de Spring-Heeled Jack.

D’autres attribuent la naissance du personnage (et celle de Varney) à l’écrivaillon Thomas Prest. En tout état de cause, les prémices de l’histoire apparurent pour la première fois, sous forme de feuilleton, dans The People’s Periodical, le 21 novembre 1846. La première histoire se nommait « Le collier de perles : une histoire d’amour ».

L’histoire est alors censée se dérouler aux alentours de 1785. Le barbier Sweeney Todd a engagé un nouvel apprenti, Tobias Ragg. Il l’éduque de manière à ce que ce dernier lui obéisse en tous points. Un jour, un marin, Thornhill, en balade dans Londres, s’arrête devant sa boutique, dans l’idée de se faire raser. L’ami de Thornhill est récemment décédé et il vient dans la capitale pour annoncer la nouvelle à son épouse et lui donner un collier de perles de grand prix. Il commet l’erreur de montrer le collier au barbier… qui le tue ! L’apprenti tiendra sa langue car Sweeney le menace, lui et sa mère.

La voisine de Sweeney, Mrs. Lovett, vend des tartes à la viande. Ils ont des rapports ambigus. Tandis que des hommes ne ressortent jamais de la boutique de Sweeney, les tartes à la viande de Mrs. Lovett sont de plus en plus délicieuses… Mais, au bout d’un certain temps, la plantureuse voisine se lasse de tout ceci et fait un brin chanter Sweeney, qui tentera de l’assassiner. Elle aidera donc, par souci de vengeance, la police à l’attraper et celui-ci finira à Newgate, fou, hanté par les fantômes de ses victimes, avant d’être pendu.

Je suis persuadée que Hitchcock aurait adoré en faire un film. Le Hitch de La Corde ou celui de la série télévisée. Mélanger la mort à la nourriture, l'idée n'est pas nouvelle, mais toujours aussi perturbante et révélatrice du monstre qui sommeille en nous.

L’histoire très réjouissante et au demeurant fort macabre de ce serial killer a été mise sur la scène, par George Dibdin Pitt, avant de devenir une comédie musicale, qui se joue encore à Broadway. Cette dernière a été composée par Stephen Sondheim sur le livret de Hugh Wheeler, adapté de la pièce de Christopher Bond.

L’expression « Sweeney Todd » est un argot cockney, qui consiste à remplacer un mot par une locution qui rime avec ce mot. « Sweeney Todd » désigne la « Flying squad » (brigade volante) londonienne.

Quelques liens : ici et .

Depuis hier, j'explore les années 1920 et 1930, ce mini-billet ne sera donc pas anachronique. Excellente nouvelle ! Cinq des films plutôt difficiles à trouver de mon cher Cary Grant sortent dans ce coffret en novembre ! Je l'ai précommandé, bien entendu. Il s'agit des oeuvres suivantes, qui sont parmi les premiers films du beau brun à la fossette :

  • Thirty Day Princess (1934) : réalisé par Marion Gering, avec Sylvia Sidney.
  • Kiss & Make Up (1934) : un film de Harlan Thompson.
  • Big Brown Eyes (1936) : un film de Raoul Walsh, qui fera une longue carrière, comme chacun sait.
  • Wedding Present (1936) : réalisé par Richard Wallace, où il retrouve sa partenaire du film précédent, Joan Bennett...

La filmographie de Cary Grant n'aura plus aucun secret pour vous si vous adoptez ce livre : chaque film est détaillé à l'extrême. Le ton est impersonnel, le livre a l'aspect d'un mémoire dactylographié sur une vieille machine à écrire, mais le contenu est en béton armé. Une référence à posséder impérativement.

J'aime Cary Grant parce qu'il ressemble trait pour trait à l'homme que j'aurais aimé être si la nature en avait décidé autrement. Cela peut sembler une déclaration étrange de la part d'une chipie comme moi, mais je le ressens ainsi. Cary Grant est l'un de mes amis imaginaires préféré. Non, il est le coeur de mon imaginaire, au centre de mon univers fictionnel. Son talent d'acteur était infini et il était né avec la classe, ce supplément d'âme qui ne s'achète pas ni ne s'apprend. A cet égard, Audrey Hepburn est son égal féminin. Je ne conçois pas de regarder un film de Cary Grant lorsque je suis débraillée. Je me tiens droite et j'endosse une longue robe noire de soirée. Sans oublier des talons démesurément hauts, afin d'être à sa hauteur...

Les roses du Pays d'Hiver

Retrouvez une nouvelle floraison des Roses de décembre ici-même.

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Never Never Never Land, au plus près du Paradis, with Cary Grant, France
Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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