jeudi 16 mars 2006

Après Louis-Ferdinand Céline, j’ai déjà expliqué que je ne pouvais plus rien lire.

Or, je me suis remise en selle, grâce à Camus. Phénomène très étrange si l’on considère l’écriture si propre, presque javellisée de Camus. Alors que Céline ... Mais sous la prose briquée, il y a quelque chose d’autre.

J’aime Camus, son œuvre, ses Carnets surtout. J’aime quand il parle des autres, également :

« Le style de Faulkner, avec son souffle saccadé, ses phrases interrompues, reprises et prolongées en répétitions, ses incidences, ses parenthèses et ses cascades de subordonnées, nous fournit un équivalent moderne, et nullement artificiel, de la tirade tragique. C’est un style qui halète, du halètement même de la souffrance. Une spirale, interminablement dévidée, de mots et de phrases conduit celui qui parle aux abîmes des souffrances ensevelies dans le passé, Temple aux délicieux enfers du bordel de Memphis qu’elle voulait oublier, et Nancy à la douleur aveugle, étonnée, ignorante, qui la rendra meurtrière et sainte en même temps. »

« Ce que voit Faulkner, c’est que la souffrance est un trou. Et que la lumière vient de ce trou, oui. »

(Camus, Avant-propos à son adaptation théâtrale de Requiem pour une nonne)

Explicitation du précédent message :
"À la fin, il se précipita, car il avait rêvé que sa mère pleurait ; il connaissait la cause de ses pleurs et un câlin de son merveilleux Peter lui rendrait rapidement le sourire. Oh, il était si sûr de lui ! Il était si désireux de se nicher dans ses bras que, cette fois-ci, il vola tout droit jusqu’à la fenêtre, qui était toujours ouverte pour lui. 
Mais la fenêtre était fermée et il y avait des barreaux et, à travers eux, il vit sa mère qui dormait paisiblement et enlaçait un autre petit garçon.
Peter s’écria : « Mère ! Mère ! » ; mais elle ne l’entendit pas : en vain, il frappa de ses petits poings les barreaux en fer. Il dut retourner en pleurs aux Jardins et il ne revit jamais plus sa mère adorée. Quel glorieux enfant avait-il eu l’intention d’être pour elle ! Ah, Peter, nous qui avons commis une grave faute, comme nous agirions différemment si nous avions une seconde chance ! Mais Salomon avait raison : il n’y a pas de seconde chance, pas de seconde chance pour la plupart d’entre nous. Lorsque nous atteignons la fenêtre, l’Heure de la Fermeture a sonné. Les barreaux en fer sont mis pour la vie." 

Ne te contente pas d’un amour médiocre : cinq étoiles luxe ou rien. "Rien" est un absolu, à sa façon, et je n’aime pas les gens tièdes. Tu dois me faire plaisir. Il n’y a pas de petits plaisirs ou de petites souffrances dans le registre du vécu. Le rêve est la serrure où l’œil de l’âme se colle pour apercevoir l’homme ou la femme qu’on n’a pas osé être quand il était encore temps. Il est temps jusqu’à ce qu’on s’habitue et se trouve installé quelque part.

Le rêve est un signet dans notre mémoire pour nous rappeler d’être modeste dans nos espoirs. L’occasion manquée est comme un tricot où l’on a sauté une maille par étourderie ou inconscience, à la restriction près que dans la vie ce genre d’oubli n’est pas rattrapable. On n’a droit qu’à une seule chance et ceux qui prétendent que ce n’est pas suffisant, en auraient-t-ils mille, qu’ils ne la saisiraient pas mieux.

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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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