mercredi 28 décembre 2005

J'ai un rapport privilégié avec les séries produites par la chaîne câblée américaine HBO : je lui dois mes meilleurs moments de télévision, avec notamment Six Feet Under dont je suis une inconditionnelle et qui demeurera ma série préférée. D'autres séries valent le détour telles : Angels in America (une série baroque, avec une distribution de rêve : Meryl Streep, Al Pacino, Emma Thompson, tout ce beau monde étant dirigé par Mike Nichols !) ; The Sopranos (que je commence juste à visionner en DVD) ; Carnivale (malheureusement stoppée après deux magnifiques saisons ; série très étrange qui n'est pas sans rappeler Freaks de Tod Browning). Je suis également persuadée que Deadwood me plairait. Je découvrirai cette série lorsque j'aurai le temps, lorsque j'aurai terminé les 5 saisons des Sopranos. Mon sentiment général est que HBO produit des séries de qualité, qui ne visent pas le simple divertissement, mais qui recherchent en nous l'émotion et la réflexion, au même titre que n'importe quelle oeuvre d'art. J'ai eu beaucoup de plaisir à suivre les aventures de George, une jeune faucheuse d'âmes, qui officiait dans la ravissante série Dead Like Me, qui ne put malheureusement pas survivre à une seconde saison, qui était cependant encore meilleure que la première. L'histoire de cette jeune personne était très touchante. Elle observait à la dérobée sa famille, qui ne se remettait pas tout à fait de son deuil, et entretenait des relations pleines d'esprit et de tendresse avec ses "collègues". Les dialogues étaient incisifs, les situations alertes. On y parlait de la mort avec beaucoup de santé. Les deux premières saisons d'Alias m'avaient ravie, dans le sens de "kidnapper" ; j'avais été aspirée par le rythme et le principe d'incertitude ("Truth takes time" était l'adage qui régissait le déroulement de la série) : qui sont les bons et les méchants ? Deux personnages avaient su me séduire : Jack Bristow et Arvin Sloane. J'aime les vilains garçons, c'est bien connu. En fait, non. Seulement dans la fiction. J'ai eu la chance de rencontrer et de parler au premier cet été... Seuls la belle héroïne aux faux airs de Julia Roberts me laissait froide (quelle fadeur tout de même ! Elle joue comme un pied !) ainsi que son prince charmant de Prix U., Michael Vartan (et ses yeux de merlan frit). La troisième saison annonçait le déclin. La quatrième, je n'eus pas le courage de la suivre. Je repris un peu feu en lorgnant la cinquième et dernière (ouf !) saison, mais la magie avait disparu. Je fus déçue par trop d'incohérences et par la mièvrerie de certaines situations. J'espère que le dernier épisode me consolera. Hormis ces séries et Desperate Housewives, dont j'ai déjà parlé, ce sont les seules séries (ce n'est déjà pas si mal pour quelqu'un qui ne regarde pas la télévision !) récentes qui m'intéressent. Mais j'ai un penchant marqué pour ce qui me rappelle mon enfance et mon adolescence : Madame est servie et, mieux encore, Une nounou d'enfer, qui est mon antidépresseur favori. Le Prisonnier est à mes yeux la meilleure série de son époque et peut-être l'une des séries les plus anciennes que j'affectionne tout particulièrement. La petite maison dans la prairie m'a beaucoup marquée malgré son caractère cucul la praline et j'aime toujours la regarder. Je le dis sans aucune honte. J'aime, parfois, cette morale simple et sirupeuse. Ce qui ne m'empêche pas de la fustiger ailleurs...

La vie criminel d’Archibald de la Cruz est un film saisissant, dont on a du mal à se dire s’il est léger ou absolument effrayant. Tout dépend de la complexion du spectateur, s’il a déjà ou non éprouvé et pensé ce que nous nommons le possible.

Lorsque le héros, après la mort de la religieuse, veut confesser tous ses « crimes » à la justice, l’homme de loi a cette phrase saisissante : «La pensée n’est pas délinquante.» Est-ce si sûr ? Un criminel en puissance est-il déjà un criminel ou encore un honnête homme ? Philip K. Dick a écrit un roman intéressant sur le sujet, Minority Report.
Pourtant, Archibald a l’impression que son idée est toute puissante et qu’elle le dispense de passer à l’acte, car sa pensée en est un… A la fin du film, après s’être débarrassé de la boîte à musique supposée maléfique, il essaie de tuer un insecte avec le bout de sa canne et y renonce en souriant : il n’en a pas envie et cependant, il le pourrait, rien ne s’y oppose pour une fois.
Le titre original veut littéralement dire «Essai d’un crime». Il y a deux idées liées dans cette histoire : l’essai / l’échec, qui sont comme les deux versants de l’impossibilité à savoir qui est Archibald. Ce dernier confie à Carlotta qu’il pourrait être un saint ou un criminel. La question sous-jacente au texte est de savoir ce qui fait l’identité d’un homme : ses pensées ou ses actes ? On retrouve le problème de la mauvaise foi telle que l’expose Sartre dans L’être et le néant.
Buñuel est, sans le savoir pleinement, un disciple, ou pour le moins un illustrateur des théories de Freud sur le rêve. Bazin, dans les Cahiers du cinéma notait ceci à son sujet : «Quelle que soit la forme plastique que Buñuel prête au rêve, ses images en ont la pulsation, l’affectivité brûlante : le sang lourd de l’inconscient y circule et nous inonde, comme par une artère ouverte, au rythme de l’esprit.» On ajouterait que Buñuel est le cinéaste de l’obsession, du fétichisme, et surtout qu’il s’efforce d’aller jusqu’aux limites du pensable, mais sans les dépasser. A l’opposé, Salo ou les cent vingt Journées de Sodome de Pasolini, par exemple, est un film qui dit et montre «tout», où le possible n’est plus possible, un film qui sature la pensée et l’imagination. Le surréalisme n’est pas autre chose que ce que nous montre Buñuel dans ses films : il nous oblige à regarder en permanence à travers l’œil coupé horizontalement du Chien andalou.
N.B. : Dans son film jamesien, La chambre verte, Truffaut fait une référence au film de Buñuel, lorsque Julien Davenne fait fabriquer un mannequin en cire qui représente sa femme et dont il se débarrassera, n'en supportant pas la vue...

Les roses du Pays d'Hiver

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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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