Puisqu’il était question de René Clair, précédemment, on peut citer un autre de ses films dans la lignée de Ma femme est une sorcière, Fantôme à vendre (The Ghost Goes West), tout aussi plaisant et charmant que l’autre. L’argument est le suivant : un millionnaire américain achète un château en Ecosse à un aristocrate ruiné, puis le fait démonter pierre par pierre pour le reconstruire en Floride. Le fantôme de la demeure est aussi du voyage… Fantôme à vendre est le premier film de René Clair en Grande-Bretagne. L’histoire a été écrite par Eric Keown, d’après une nouvelle du grand Oscar Wilde, The Canterville Ghost.
René Clair est un cinéaste mésestimé, pourtant il a réalisé plusieurs films très réussis et qui ont fait date.
Qui sait, aujourd'hui, qu'avant Charlie Chaplin, dans À nous la liberté, il a dénoncé le travail à la chaîne ? En regardant un certain passage du film de Clair, on serait en droit de se demander si Chaplin n'a pas quelque peu plagié cette scène dans Les Temps Modernes. D'ailleurs, la Tobis, une société allemande, qui produisit À nous la liberté avait décidé d'attaquer Chaplin pour contrefaçon. René Clair s'est alors fermement opposé à cette action, considérant le film de Chaplin, homme qu'il admirait, comme un hommage indirect au sien. La Tobis continua toutefois à poursuivre Chaplin...


La sortie d'un mauvais remake de la célèbre série Bewitched aka Ma sorcière bien-aimée est l'occasion de parler de deux petits bijoux : le livre qui a donné l'idée de la série, celui de Thorne Smith, mais également le film de René Clair, qui est une autre adaptation tout à fait délicieuse, avec Veronika Lake, la femme aux yeux de chat, dans le rôle de la sorcière.
Que cela ne vous empêche pas de vous délecter des aventures de Samantha, puisque la saison 1 vient de sortir en DVD chez nous !
"Dreams do come true, if we only wish hard enough, You can have anything in life if you will sacrifice everything else for it." ("Bien sûr que les rêves se réalisent, mais seulement si vous le désirez assez fort. Vous pouvez obtenir n’importe quoi dans la vie si vous sacrifiez tout le reste pour cette chose.")
Attribué à J.M. Barrie


Tout le monde rêve.
Il n’y a pas d’âge.
Mais est-ce que ce sont les mêmes rêves, à dix-sept et à quatre-vingt ans ?
Personne ne croit que les rêves ont une durée de vie limitée.
Pourtant, c’est le cas. Ce n’est pas tout à fait vrai, mais ça revient au même. Ce sont les gens qui deviennent trop vieux pour les rêves. Comme un vêtement qui aurait rétréci ils ne peuvent plus les porter. La vieillesse est moins une évidence physique ou une décision qu’une possibilité qu’adopte l’homme fatigué, qui s’aperçoit qu’il ne sera pas celui qu’il a rêvé d’être et qu’il est tentant d’aimer un bonheur simple, ordinaire, facile, à portée de main et d’espoir. Pourquoi ne peut-il être ce qu’il a rêvé d’être ? Parce qu’il a rêvé de travers ou bien parce qu’il a volé le rêve de quelqu’un d’autre ?
Les enfants reprochent à leurs parents de n’avoir pas le courage de réaliser leurs rêves.
Ils s’insurgent contre l’idée que leurs rêves présents aient quelque chose à voir avec les rêves, morts, de leurs parents. Ne dites jamais à un enfant qu’il vous rappelle ce que vous étiez au même âge. Il pourrait vous tuer pour ça et il ne serait pas à blâmer. Il ne peut vous croire, quand bien même il s’appliquerait à cet effort, car il est soumis à son rêve, jeune maître du royaume des possibles qui regarde avec condescendance le serf du monde des rêves perdus.
Pourtant de lui à vous, ce sont les mêmes rêves. Décalés, ayant sauté une génération, ils se retrouvent dans un corps et un esprit presque neufs. L’erreur commune et répétitive serait de croire que le rêve que l’on formule est inédit. Il n’y a pas un million de rêves différents ni même une centaine. Il y a trois sortes de rêves. Pas une de plus. Les rêves au passé (les regrets et les remords), les rêves au présent (l’espoir) et les rêves au conditionnel (les rêves auxquels on ne croie pas mais qui sont agréables, et qu’on habite, en passant, comme lorsqu’on s’arrête à l’hôtel et que l’on fait semblant d’être chez soi). Les songes ressemblent aux galettes des rois : il y a toujours une fève à l’intérieur. Tout le monde devrait la trouver, tout le monde a sa chance, mais ça n’arrive presque jamais parce que les grandes personnes sont trop sérieuses et qu’elles préfèrent ne pas risquer de se tromper, d’échouer, alors elles font mine de ne pas tenir à leur rêve.
La mémoire ne rétrécit pas avec le temps, c’est l’inverse. Elle ressemble à un chewing-gum frais que l’on a l’impression de pouvoir étirer à l’infini. Il n’y a pas indigestion de souvenirs, d’actes manqués et de rendez-vous annulés. En réalité, ce sont tous ces moments perdus qui prennent plus de place et qui nous dissuadent de nous ouvrir davantage à l’univers, d’entasser de nouveaux visages, d’engranger des idées inhabituelles ou d’inaugurer des moments différents. On sait que ça ne sert plus à rien, un peu comme les tas de livres qu’on achète et qu’on empile, jusqu’au jour où on se rend compte qu’on ne vivra pas assez longtemps pour tous les lire. Alors à quoi bon en acheter de nouveaux ? Il se produit un phénomène comparable avec les êtres et les choses. On arrête d’aimer et de retenir les gens. Certaines personnes, bien sûr, ne se rendent pas compte de cette impossibilité. Elles continuent d’entasser et puis un jour elles meurent sans avoir le temps d’apprécier un peu ce qu’elles avaient.
Pourquoi oublie-t-on parfois ses rêves au réveil ? On les égare dans notre cerveau, à la manière dont les parents du petit Poucet on perdu leur fils dans la forêt. Sauf que les rêves ne reviennent jamais si on a définitivement renoncé à eux. Ils ont été adoptés par d’autres personnes et c’est trop tard pour les rattraper. Il n’y a rien de plus susceptible qu’un rêve.
Les gens n’assument pas toujours les actes qui leur échappent et ils parlent de moments d’égarement. Ils ne reviennent pas souvent en arrière. Les moments d’égarement sont les jours de permission ou de sorties des rêves dans notre monde. Ils sont tenus en laisse comme des toutous par leur propriétaire. Seulement, ces derniers ne s’en rendent pas compte.

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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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